Frans Masereel

Le 3 janvier 1972, le graveur sur bois Frans Masereel rendait son dernier soupir. C’était il y a cinquante ans. À l’issue d’une cérémonie funèbre exceptionnelle au Musée des Beaux-Arts de Gand, son cercueil était transporté au cimetière du Campo Santo à Sint-Amandsberg (Gand). À l’occasion de ce 50e anniversaire du décès, le MSK et l’Amsab-ISG rendent un chaleureux hommage à Masereel et aux amitiés qu’il a entretenues au cours de sa carrière bien remplie. Pour ce faire, les deux institutions puisent dans leur propre collection, en se concentrant chacune sur un aspect différent de la vie et de l’œuvre de Masereel.

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Un Gantois doté d’un réseau international de relations
Frans Masereel a grandi au sein de la bourgeoisie gantoise francophone, mais c’est sur la scène internationale qu’il a mené sa carrière d’artiste. Il aimait les voyages et en a fait de nombreux. Il a notamment vécu à Paris, à Genève et à Nice, et au fil de ses voyages, Masereel a noué de solides amitiés avec des écrivains et des artistes comme Henri Guilbeaux, Léon Bazalgette, Romain Rolland, Henry Van de Velde et Stefan Zweig.  

Engagement social
L'œuvre de Masereel se caractérise par un engagement artistique dans lequel priment l'engagement social, la justice sociale et la liberté individuelle. Au début de sa carrière, ses gravures sur bois ont fait de lui le principal illustrateur de plusieurs publications pacifistes comme Les Tablettes, La Feuille et Clarté. À la même époque, il a été le premier à utiliser le média du roman graphique dans des livres sans paroles comme Mon Livre d’heures et La Ville, qui lui ont valu une renommée internationale jusqu’à ce jour. Pendant les cinquante années qui ont suivi, il a par ailleurs réalisé un ensemble impressionnant de gravures sur bois autonomes, dans un langage graphique tout à fait personnel et toujours très apprécié aujourd’hui.  

Sous le régime nazi, ses publications ont été interdites en Allemagne. Il a fait des pamphlets antinazis, avant de fuir en juin 1940 dans le sud de la France. Il est décédé en 1972 à Avignon, à l’âge de 82 ans. Après une vie pleine de voyages, sa dernière volonté a été d’être enterré à Gand. 

Au MSK : Frans Masereel en mots et en images
Dans sa présentation, le MSK expose une vaste sélection d’œuvres issues de sa collection de plus de 700 réalisations de l’artiste. L’hommage rendu à l’artiste s’étend à la totalité de l’œuvre de Masereel, depuis le début des années 1920 avec des gravures sur bois emblématiques comme Le Baiser, jusqu’à la fin de sa carrière avec des œuvres graphiques baignant dans le fantastique, en passant par des carnets de croquis des années 1937-1940 rarement montrés auparavant. Pour la première fois, la série complète des dessins à la plume et au pinceau de Mon Livre d’heures (vers 1918) est montrée.

La présentation au MSK se déroule du 2 avril au 5 juin.

À l’Amsab-ISG : L’amitié – Masereel, Bazalgette et Zweig
À l’Amsab-ISG, on met en avant l’amitié entre Masereel, l’auteur autrichien Stefan Zweiget le traducteur français Léon Bazalgette. Le lien entre les trois hommes est éclairé à l’aide de divers documents et publications. Cet anniversaire est l’occasion idéale de mettre sous les feux de la rampe la collection extrêmement précieuse de l’institut et ses pièces maîtresses : en 2003, l’Amsab-ISG a en effet recueilli un ensemble unique de quelque 300 planches xylographiques, près de 400 galvanotypes et 33 livres de Masereel.

L’exposition à l’Amsab-ISG se déroule du 2 avril au 28 août. Elle peut être visité en semaine de 9 à 17 heures et le dimanche de 10 à 13 heures.

Frans Masereel, 'Mon Livre d'heures', 1919, MSK Gentt
Frans Masereel, 'Mon Livre d'heures', 1919, MSK Gentt