collection
Huile sur toile: 53,6 cm x 43,9 cm
1923-E

Dans un environnement chaotique, deux moines sont agenouillés devant un autel aménagé provisoirement et muni d'une croix. Le premier moine jette des cris, les bras tendus vers le ciel. Son compagnon baisse la tête en signe d'humilité et confie son sort au Christ. Un troisième moine cherche refuge dans le sommeil. L'artiste ne raconte pas une histoire, il dépeint trois attitudes possibles face à la souffrance: la révolte, la résignation et la fuite. La composition et l'atmosphère oppressante rappellent les représentations de Jésus au Jardin des Oliviers. Les moines appartiennent à l'ordre italien des Bénédictins blancs, qui se retirent du monde et vivent en ermite dans les montagnes. Alessandro Magnasco, à qui cette œuvre aura longtemps été attribuée, peint de préférence des scènes de la vie quotidienne de soldats, vagabonds et bohémiens. Ses scènes macabres, qui ébauchent un univers fantastique, parfois démoniaque et mystique, sont, quant à elles, peuplées de moines solitaires et d'ermites. L'artiste manie un pinceau schématique, nerveux et très direct. Graduellement, Magnasco limitera son œuvre à des camaïeux de gris, avec ça et là une flambée de blanc. La toile exposée est une copie réalisée par un épigone, successeur direct du maître. L'original est conservé au Rijksmuseum d'Amsterdam.