collection
Huile sur toile: 111,8 cm x 77,3 cm
2001-Q

Alfred Stevens, peintre du Paris mondain, rencontre l'actrice Sarah Bernhardt vers 1887. Il réalisera plusieurs portraits de l'actrice et dans certains, elle posera en personnage historique ou littéraire. Ici, nous la voyons en Marie Madeleine, la pécheresse qui se convertit ultérieurement et se retira pour vivre en recluse. La longue chevelure, le crâne  — le symbole de la vanité par excellence — et le paysage désert à larrière-plan s'inscrivent dans une tradition iconographique qui remonte au Moyen-Âge. Cependant, les éléments typiques du XIXe siècle — la sensualité explicite et le regard mélancolique, presque hallucinant, avec lequel Marie Madeleine dévisage l'observateur — sont précisément ceux qui atténuent le contexte religieux du personnage. L'œuvre est commandée par un commerçant parisien, Georges Petit. Le caractère provoquant du tableau, pourtant en parfaite conformité avec le personnage de Marie Madeleine, choquera le grand public, qui préfère la voir représentée comme une pénitente repentante.