Après plus de vingt ans, Luc Tuymans est de retour au musée. En 1990, il faisait en effet sa première grande exposition à L’Association pour le Musée d’Art contemporain, dont l’espace d’exposition se trouvait dans les caves du MSK. Des débuts où le point de départ de son œuvre picturale était déjà très clairement défini tant sur le plan de la thématique que de l’exécution.

The Arena: une pièce d'histoire
L’œuvre de Luc Tuymans traite de la part de vérité des images. Une recherche que le peintre qu’il est mène en relation avec la photographie et le cinéma, dont il reprend dans ses tableaux certaines caractéristiques formelles comme la monochromie, le cadrage, le gros plan, le flou, le montage et les séquences. Les questions qu’il pose ainsi concernent la relation entre image et souvenir, entre document photographique et évènement historique. En quête de la relativité de la vérité, il aborde des thèmes historiques comme l’Holocauste, le passé colonial belge et le nationalisme flamand.

La cinematographie en chaux
L’œuvre présentée fait partie de l’ensemble qui a été exposé au musée en 1990.
À cette époque, Luc Tuymans s’intéressait surtout à l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale. Promenade part d’une photo d’Adolf Hitler qui fut prise tandis qu’il faisait une promenade dans la neige à Berchtesgaden avec Heinrich Himmler (Reichsführer-SS et chef de la police allemande). Comme les personnages du tableau ne sont plus identifiables et qu’ils disparaissent pour ainsi dire dans la splendeur du paysage enneigé, toute association avec l’un des épisodes les plus effroyables de notre histoire récente disparaît elle aussi. C’est précisément cette banalité du mal et de la vie ordinaire de ceux qui ont commis ces atrocités qui intéresse ici le peintre en tant que faiseur d’images : l’agression et la cruauté, dissimulées dans des images du presque rien.

Luc Tuymans, The Arena, 2017
Luc Tuymans, The Arena, 2017