Depuis début 2018, Gand procède à un grand déménagement de son patrimoine : 90.000 pièces prennent la direction de deux nouveaux dépôts. L’un d’eux est l’entrepôt climatisé dernier cri qui vient d’être inauguré dans la Ghelamco Arena, en dessous de la tribune Telenet.
Le MSK transfère lui aussi quelque 500 pièces dans les dépôts communs. Il s’agit d’œuvres qui ne sont presque jamais montrées en salle. En semaine, vous pouvez voir les restaurateurs et responsables de la préservation du patrimoine au travail dans la salle N. Ils y préparent les œuvres pour le déménagement.

Déménagement de pièces de la collection du MSK
Au total, un peu plus de 500 tableaux, moulures historiques, sculptures, tapisseries et pièces de mobilier de la collection du MSK seront transférés au dépôt Ghelamco.
Grâce à l’espace ainsi libéré, le MSK pourra réorganiser ses propres réserves et gérer ainsi plus efficacement sa collection.

Il va sans dire que le déménagement représente une solide dose de travail. Toutes les œuvres sélectionnées sont dépoussiérées, puis re-mesurées et ré-étiquetées. Elles sont contrôlées sur la base d’un rapport sur leur état de conservation et elles sont documentées photographiquement. Au besoin, de nouveaux clichés sont pris. De légers traitements conservatoires sont effectués de manière à ce que les œuvres puissent être transportées au dépôt en bon état.

L’art monumental : les tableaux de grand format
Sont inclus dans le déménagement quelques tableaux d’un format tellement grand qu’ils trouvent à peine à se loger dans les salles du musée. Outre quelques scènes religieuses et portraits de groupe du xviie siècle, il s’agit surtout de tableaux d’histoire monumentaux datant du xixe siècle, réalisés par des artistes gantois célèbres comme Gustave Vanaise, Constant Montald, Jacques de Lalaing, Louis De Taeye…. Vu leurs dimensions, ces toiles ne sont pas conservées dans un cadre, mais bien mises en rouleau.

Ces tableaux d’histoire monumentaux proviennent souvent de bâtiments publics gantois comme l’Hôtel de Ville ou l’ancien Palais de Justice. Au xixe siècle, ils ont servi à développer auprès de la population le sentiment d’appartenance à la jeune Belgique. Ils mettaient en scène les héros de l’histoire du pays, afin d’attiser le patriotisme et la fierté nationale.

Au siècle passé, quelques-unes de ces œuvres de grandes dimensions ont été reléguées dans les réserves du musée. Certaines ont été mises en rouleau pendant la guerre et n’ont plus jamais été exposées depuis lors.

Dans la salle Lambeaux, ces grandes toiles sont déroulées, dépoussiérées, contrôlées et photographiées. Photographier une toile de 4 mètres sur 8 n’est pas une sinécure. Cela nécessite un appareillage spécialisé. Une fois débarrassées de la poussière, les œuvres sont soumises à un léger traitement conservatoire. L’objectif est de rouler ensuite à nouveau précautionneusement ces œuvres délicates sur des cylindres appropriés. Chaque œuvre est enroulée séparément, alors que précédemment plusieurs œuvres étaient souvent mises en rouleau ensemble.

Recherche scientifique
Tout ce déménagement représente une occasion unique de procéder à un examen scientifique de la collection. Actuellement, nous ne savons que peu de choses sur ces tableaux impressionnants. Ils sont entreposés depuis longtemps dans les réserves et, avec le temps, sont souvent tombés dans l’oubli. Leur déménagement est donc l’occasion idéale d’étudier en détail les toiles. Quelques œuvres éveillent également l’intérêt des départements d’histoire de l’art d’universités comme l’Universiteit Gent et la Raboud Universiteit de Nimègue.

Suivez l’opération en salle
Les visiteurs peuvent suivre toute l’opération en salle jusqu’à cet été. Les grands formats sont traités dans la salle Lambeaux (salle M), au premier étage. Depuis les salles voisines, les visiteurs peuvent voir comment l’art est déballé, manipulé avec précaution, puis ré-emballé pour le déménagement.