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'La boîte à cigares' - Patrick Van Caeckenbergh

Depuis son jardin dans les Ardennes flamandes, Patrick Van Caeckenbergh (°1960) dirige le monde. Un monde personnel, qu'il a aménagé selon ses propres souvenirs et désirs. Avec l'exposition 'Le Pantologue (danke schön)', il a apporté des fragments de ce monde imaginaire au MSK et, en 2017, il a fait don de son œuvre "La boîte à cigares" au musée.

Le monde de 'celui qui aime tout'

La pantologie est la science de l'ensemble. Le pantologue est une personne qui aime tout. Dans son monde parallèle, qui ressemble beaucoup au nôtre mais en est en même temps très éloigné, Van Caeckenbergh joue avec ses pensées comme un jeune chat avec une pelote de laine. Sa plus grande ambition est de devenir un animal de compagnie.

Tout comme Monsieur Teste de Paul Valéry, Van Caeckenbergh s'est créé une île intérieure et il passe son temps à l'explorer et à la renforcer. Il part à la recherche du plaisir extrême de l'invention solitaire.

Comprendre le monde comme un bricoleur

La diversité du monde est étudiée au moyen de la méthode de collecte, de classification et d'inventaire, dans laquelle il utilise librement la taxonomie et la généalogie, la cartographie et la cosmogonie. L'unité du monde est reconstruite avec la technique du collage et de l'assemblage.

Mais la recherche n'est pas systématique. L'attitude de l'artiste n'est pas celle d'un scientifique, mais d'un bricoleur. Au lieu de cartographier le monde, il crée de nouveaux mondes dans lesquels il se lance dans un voyage de découverte, tel un savant de chambre en constant émerveillement.

l'illusion de l'englobement total

Mais le pantologue a beau essayer de saisir la vie, le monde et le cosmos dans un seul système, il s'en éloigne de plus en plus. Ses tentatives frénétiques sont une belle illustration du paradoxe d'être un artiste. L'artiste est un enfant de son temps, activement engagé dans la vie. Mais en même temps, il a la capacité d'en être constamment privé.

Le monde de Van Caeckenbergh s'inscrit donc parfaitement dans celui du XVIIe siècle, où savants et amateurs tentaient de capturer l'univers dans des chambres des merveilles, des collections et des taxonomies. C'est pourquoi la boîte à cigares a été placée fermement au milieu de ces galeries.

Studiolo

Le monde onirique de Van Caeckenbergh a atterri au musée en 2017 lors de l'exposition 'Le Pantologue (danke Schön)'. À cette occasion, l'artiste a fait don au musée de l'œuvre 'La boîte à cigares'. Cette boîte à cigares géante est le studio de l'artiste. Il a vécu et travaillé dans cet espace pendant vingt ans.

Il ne ressemble en rien à l'atelier d'un sculpteur ou d'un peintre. Il s'agit plutôt de l'étude d'un chambriste du XVIe siècle. Une étude qui a ensuite évolué vers une collection encyclopédique ou Wunderkammer, l'ancêtre du musée moderne. Pour lire et écrire, pour rêver ou pour penser, l'artiste n'a pas besoin de beaucoup d'espace. Patrick Van Caeckenbergh travaille principalement dans sa propre tête.